Cru et magnifique

26 septembre 2010

Vu au Quartier latin le 24 septembre : À l’origine d’un cri de Robin Aubert, avec Patrick Hivon, Michel Barrette et Jean Lapointe.

Parti pour voir Incendies, on se bute à une affichette indiquant «complet» au guichet. Fort heureusement, on savait que Robin Aubert sortait son petit dernier le soir-même…

« Un jeune homme se voit forcé de prendre la route avec son grand-père afin de retrouver son père, qui a fui avec le corps de sa défunte femme. S’en suit un voyage où la confrontation mène à l’apaisement. »

Loin du buzz du film de Denis Villeneuve, on arrive dans une salle – surprise ! – quasi-vide, puis le film s’amorce. Aussitôt, on assiste  à une scène horrible de méchant gardien d’enfants pédophile, et tandis qu’on est saisi par le dégoût, la caméra dévie notre attention en zoomant doucement sur l’aquarium à poissons, au fond de la pièce…

Si À l’origine d’un cri peut sembler racoleur par la manière dont il étale dès le début sa violence, il aura vite fait de conquérir le spectateur par la manière dont il s’en distanciera et le discours qu’il portera sur elle par la suite ; ainsi,  le film offre une belle alternance de moments-choc ou d’une crudité souvent difficilement soutenable, comme d’autres, poétiques, pleins d’humour ou d’une troublante intensité dramatique.

On parlera sans doute beaucoup de la belle épaisseur des personnages du film d’Aubert (à ce propos, réussir à rendre Michel Barrette crédible dans un rôle dramatique, vraiment, hommage à la direction d’acteur !), mais on remarquera aussi qu’en plus de sa puissance émotionnelle (approche de la difficile communication dans les rapports grand-père/père/fils), il se démarque franchement sur le plan esthétique, autant au niveau de la narration (un montage sophistiqué et expressif), que des décors (le souci du kitsch dans la représentation de la «culture» des bars de motels, par exemple) ; bref, le réalisateur propose une œuvre aussi riche que bouleversante.

Robin Aubert fait montre d’une réelle vision d’auteur et s’affirme assurément comme l’un des cinéastes de la jeune génération à suivre absolument.

Nue comme un vers

16 avril 2010

 Lu : Crépin & Janvier, Sophie Guerrive, Delcourt, coll. «Sham- pooing», 128 p.

Crépin est un bourgeois délicat et désœuvré jouant au poète ; il en a composé 347 à la gloire d’une Alice aux yeux noirs, «douce et sauvage comme la fraise des bois». Le hic, c’est que, n’ayant jamais rencontré la femme en question, ce pauvre romantique se voit réduit à en trouver une qui corresponde à sa description…

Janvier, son cousin, est quant à lui pragmatique, terre à terre et mécréant ; il vante les mérites du rationalisme et ses intérêts sont plutôt tournés vers les distractions du grand monde. Cherchant à tirer Crépin de son marasme sentimental, il l’emmène chez le Comte de Meaux, qui aurait rapporté de ses voyages en Amérique une vraie sauvage. Puis voilà que Crépin projette sur le corps de cette amérindienne nue son fantasme littéraire, et, faisant fi des scrupules de Janvier, combine de l’enlever, la baptiser et l’épouser… À ce point du récit, l’intrigue s’emballe et le tout devient une suite endiablée de quiproquos tressés par une galerie de joyeux énergumènes !

 Le style de Guerrive est tout simple et rond, quelque part entre Quino et la culture blogue-BD, où sont maniés des espaces aérés faits de vignettes sans cadres. La mise en scène est vive et enlevée, et les dialogues, pleins d’esprit, sont particulièrement savoureux. On songe à la farce française du 17e siècle, moment où elle s’enrichit de la commedia dell’arte, nommément pour le caractère impertinent de l’humour, où satire, pitreries et langue précieuse vont de pair, et le côté truculent de l’intrigue.

Où les enfants de Monsieur Crépin décident de jouer aux quilles avec les crânes du phrénologue...

... avec la collection de crânes du phrénologue.

Crépin lui-même serait-il un cousin du Monsieur Crépin du Genévois Rodolphe Töpffer, grand-père de la bande dessinée ? Peut-être qu’un clin d’œil s’y dissimule si l’on considère l’ombre de Rousseau qui plane dans ce récit «autographié» en 1837, où un père, embarrassé par l’éducation des ses onze enfants, engage des précepteurs à la chaîne (apôtres de la pédagogie à système qui se révéleront tous successivement des charlatans, le dernier présentant un système d’éducation basé sur le nombre de bosses présentes sur le crâne des enfants) – ainsi de cette fille sauvage qu’on tentera en vain d’éduquer de force -, tandis que le récit progresse vers l’absurde…

 En somme, beaucoup de fraîcheur et de verve chez cette Sophie Guerrive qu’il faudra assurément surveiller !

Mon jumeau me gêne

5 avril 2010

 Lu : Macula brocoli d’Alexandre Franc et Laurent Alexandre, Champaka, 1000000 p.

Macula Brocoli met en scène une paire de jumeaux identiques aux caractères opposés : Edgar, un carriériste néophiliaque, et Edmond, un bibliothécaire rêveur ; un homme d’action et un homme de références. Un matin, Edmond reçoit un courrier l’invitant à faire séquencer son génome, sans quoi il ne sera plus éligible à son régime d’assurance.

Edmond refuse : « Les informations nous accaparent et nous empêchent de ressentir les choses par nous-mêmes […] Je ne veux pas devenir une information. » Mais il découvre avec stupeur qu’Edgar a pour sa part accepté ; et comme ils sont jumeaux, Edmond se retrouve du fait séquencé lui aussi. Or, cette analyse leur apprend qu’ils sont prédisposés à une dégénérescence maculaire, et donc à développer une cécité avec l’âge.

Aussi leur indiquera-t-on de consommer un régime où choux et brocolis – riches en lutéines – occupent une large place, afin de prévenir cette dégénérescence… Mais Edgar ne s’arrêtera pas là, et décidera de recourir à la thérapie génique en se faisant greffer un gène de brocoli !

 Alexandre Franc, qui nous avait donné l’excellent Les isolés (Paquet), huis-clos doucement surréaliste et aux accents lynchéens d’un couple en rupture, ramène sa ligne claire à la charge d’un savoureux scénario à consistance scientifique, ouvrant aussi de belles avenues philosophiques… Rendre la science accessible, c’est bien, mais créer une fiction scientifique qui ne tombe pas dans le didactisme, c’est encore mieux…

Et si vous avez tiqué sur la notice en constatant que le livre comporte 1000000 pages, je vous rassure : il est numéroté en base binaire, et comporte donc 64 pages…

Un garçon débranché

30 mars 2010

 Lu : The Hipless Boy de Sully (Sherwin Tjia), Conundrum Press, 224 p.

Le Hipless Boy se définit lui-même comme le contraire d’un branché. Sous forme de tranches de vies, le personnage principal, un doux poète, et ses deux amis artistes aux personnalités plutôt extra- verties nous emmènent dans leur discussions enlevées, anecdotes, souvenirs, rencontres, idées, regards ; les historiettes se développent sous des formes différentes sans jamais nous laisser sur notre faim, avec toujours un sentiment particulier, un parfum distinctif qui s’en dégage. Entre chacune d’elles on retrouve une illustration pleine page accompagnée d’un petit billet, croquis sur le vif légendés en parfaite harmonie avec le reste.

Sherwin «Sully» Tjia ne sera pas un inconnu pour les habitués du Montreal Monthly Comix Jam période Salgood Sam, et possède un beau style au pinceau plutôt désinvolte, qui n’est pas sans évoquer celui de Jean-Philippe Peyraud, surtout lorsqu’agrémenté d’une bichromie noir/bleue comme dans cet album (malheureusement non-apparente sur les extraits en noir et blanc). Et on ne se lasse pas de se promener dans les décors du Mile-End !

 Le propos est plein d’humour, et même parfois cru, voire légèrement dévergondé, ce qui le rend d’autant plus appréciable qu’il alterne avec des scènes beaucoup plus mélancoliques ou réflexives.

 En fait découvert l’automne dernier, ce  fantastique album édité par Conundrum Press nous rappelle combien on entend trop peu parler du travail des auteurs anglo-montréalais dans les milieux francophones. The Hipless Boy vient d’ailleurs d’être nominé pour au titre de Best English Comic des Prix Expozine de la presse alternative 2009. Espérons qu’il le remporte et aille chercher davantage d’une visibilité fort méritée…

Ces gens-là

19 mars 2010

Lu : On me l’a enlevée, Benoît Springer et Séverine Lambour, Vents d’Ouest, 48 p.

Quel tandem que ces Springer-Lambour ! Après le surprenant Les funérailles de Luce, tracé en solo, Benoît Springer remonte la barre en s’adjoignant la voix de Séverine Lambour pour réaliser La rebouteuse, une des grandes réussites de 2009.  Puis les voilà qui récidivent avec un autre de ces drames à hauteur d’homme, qui encore une fois nous créent un petit bijou de concentré d’émotions.

Lors d’une fête foraine sur la place du village, une fillette de deux mois est enlevée sans que personne n’ait rien vu. Alors que la mère est anéantie, au troquet local, les supputations vont bon train quant à l’identité du ravisseur…

Dans ces trois opus, quelques règles de base prévalent : un petit village français (un lieu clos), des personnages-êtres-de-chair (rarement voit-t-on pareil travail de caractérisation des visages en bande dessinée), et finalement beaucoup de secret (et donc de non-dit, et donc d’espace pour le lecteur).

La combinaison de ce non-dit et des récits plutôt terre-à-terre, très réalistes, met en exergue des aspects difficiles, qu’on préfèrerait cacher, du caractère humain, tels la jalousie ou l’hypocrisie. En contrepartie, le travail sur les personnages et l’insistance du regard porté par l’auteur sur leurs corps induit une dynamique de lecture fascinée, de scrutation muette ayant pour effet d’imprimer fortement la tension du récit dans l’esprit du lecteur.

Résultat ?

Des fictions à saveur sociologique, anthropologique, où le lecteur passe inévitablement de l’observation à l’implication émotive, et où le drame qui se joue finit par le briser…

* * *

Deux autres réussites du même Benoît Springer.

Un fantastique petit animal

11 mars 2010

 Lu : Hélas de Rudy Spiessert et Hervé Bourhis, Dupuis, coll. «Aire libre», 72 p.

Fait insolite mais avéré, le Paris de 1910 fut victime d’une inondation sans précédent, tant et si bien que les habitants de la Ville Lumière durent se déplacer en barque dans les rues ! Mais ce qui a été vraisemblablement oublié de cette époque, c’est que l’homme n’y était plus qu’une relique du passé, que le dernier spécimen du zoo était décédé il y a des lustres (en fait, un vieillard qu’on avait dû abattre). Que depuis longtemps une société civile animale tout ce qu’il y a de plus bourgeois s’y était mise en place (au prix de certains sacrifices néanmoins, les carnivores devant juguler leurs instincts pour assurer l’harmonie sociale).

Les racontars circulaient alors sur les représentants de cette «race éteinte», véritable anomalie de la création : qu’ils étaient des bestioles dangereuses colportant la rage, des créatures sauvages qui n’inspiraient que la méfiance et qu’on eût raison d’exterminer. Un Comité de vigilance sur la question humaine aurait même été institué pour s’assurer que ceux-ci ne se remettent à pulluler. Cependant, quelques rares scientifiques controversés auraient prétendu que les hommes avaient possédé la faculté de parole comme tous les animaux, et même qu’ils auraient bénéficié d’une certaine forme d’intelligence…

 Plus encore, la légende dit qu’il en subsiste quelques spécimens sauvages dans la forêt de Fontainebleau… Certains milieux bien informés auraient même découvert que des braconniers les traquent, et s’affairent secrètement à vendre ces créatures exotiques à prix d’or à de riches nababs qui les offrent comme animal de compagnie à quelque fillette capricieuse et gâtée, ou à des aristocrates décadents qui les exhibent dans leurs salons pour faire sensation auprès de leur société.

Mais qu’arriverait-il si tout-à-coup un citoyen animal se décidait à vouloir réellement comprendre un homme ?

Le trait sombre et économe de Spiessert sert efficacement cette surprenante fable de Bourhis, sise à quelque part entre La ferme des animaux de George Orwell et La planète des singes de Pierre Boulle. Une belle surprise chez Aire libre.

Les hommes ne sont pas censés être doués de parole. Le sont-ils ? Hélas, oui ! Et cette séquence en rappelle une autre...

Quel fantastique petit animal...

La loi du bâillon

3 mars 2010

 Lu : Sutures de David Small, Delcourt, coll. «Contrebande», 320 p.

David Small n’a pas eu une enfance facile : son père était un éminent médecin ayant sacrifié sa vie de famille pour sa carrière, sa mère, une mégère irascible ayant refoulé son orientation homosexuelle, et sa grand-mère, une caractérielle sadique. Il va sans dire que le jeune David n’a pas exactement été entouré de l’affection que tout enfant serait en droit d’espérer. On peut même enfoncer le clou en ajoutant que sa mère lui en a voulu toute sa vie, à cet enfant non-désiré. Et comble de malheur, sa sommité de père n’a même pas été en mesure de lui diagnostiquer correctement une tumeur au cou naissante, tant et bien qu’elle prospérera pendant trois ans et demi, au point de presque atteindre la taille d’une clémentine…

Comment aller plus bas ? Voici : l’ablation de cette tumeur privera du même coup David de l’usage de ses cordes vocales… Ironie définitive d’une famille où la communication est inexistante ?

En somme, ce livre se complairait dan un pathos bien dégoulinant ?

Non !

Car David s’est réfugié dans le dessin, un univers où il peut s’évader à loisir. En est pour preuve ce trait enlevé qu’il exécute avec grâce de son pinceau leste, et dont l’aspect souple et délié paraît marquer une incroyable facilité d’exécution. Sans parler de ces sens du timing et de la composition réjouissants, qui en auraient probablement fait un redoutable jazzman dans une autre vie.

Et voilà tout le génie dont fait preuve cette formidable autobiographie : offrir une mise en scène si fluide et enjouée à un sujet au pathétisme consommé. Puissamment cathartique !

On pourrait comparer le Sutures de David Small au Blankets de Craig Thompson, pour la fougue du regard dont font preuve ces deux auteurs sur leurs enfances et adolescences. Mais là où Blankets est drapé de la candeur d’une voix d’adulte naissant, Sutures est le fruit d’un esprit mûri, transcende son sujet et frappe encore plus fort.

Bémol : une page couverture qui ne rend pas justice à l’œuvre…

Le rêve du réel

27 février 2010

Lu : Journal d’Italie t.1 : Trieste – Bologne de David B. Delcourt, coll. «Shampooing», 150 p.

David Beauchard partage son œuvre entre autobiographie et fiction. S’il est clair que ses obsessions ont mis au monde plusieurs fictions mémorables (la série Hiram Lowatt et Placido avec Christophe Blain, Le capitaine écarlate avec Emmanuel Guibert), mon cœur penche définitivement du côté de son travail réflexif, que celui-ci traite de son histoire personnelle (les séries L’ascension du haut mal et Babel) ou reconstitue sa vie onirique (Le cheval blême, Les complots nocturnes). Or, dans Journal d’Italie, l’auteur convoque tout à la fois.

 L’ex-membre de L’association y adopte un ton beaucoup plus libre, celui du carnet, et de ce fait nous ouvre les portes de ses méditations quotidiennes, le long d’un voyage dans la patrie d’Hugo Pratt et de Don Corleone. Sauf que celles-ci, vous l’aurez deviné, portent essentiellement sur… la fiction !

Qu’il s’agisse d’Harry Dickson, de déambulations en librairie, des liens entre Le parrain de Coppola et Lucky Luciano de Francesco Rosi, d’une éventuelle Météorologie des rêves, du Minotaure ou de Jésus-Christ, de chats triestins ou de lions vénitiens, de Babel ou de kabbale, l’auteur nous fait naviguer entre réel, imaginaire et théorie avec un plaisir sans ménage.

 Et toujours chez David B. cette imagerie à forte charge symbolique, ce mariage du corps et de la voix, de la figure et de la lettre, ce discours hiéroglyphique à la beauté convulsive…

La tentation du coupable

7 février 2010

Lu : Sous son regard de Marc Malès. Vents d’Ouest, coll. «Intégra», 144 p.

Marc Malès est tel un bon vin qui s’améliore avec l’âge. Plutôt abonné aux scénaristes de séries historiques ou policières mainstream (Corteggiani, Dufaux, Thirault) lors de ses quelques vingt premières années de profession, Malès laisse sa carrière d’auteur complet prendre son envol en 2007 avec un petit bijou de roman graphique, L’autre laideur, l’autre folie. Depuis, il aligne des drames psychologiques puissants et aiguisés comme des éclats de verre, avec une prédilection manifeste pour le cadre et l’esthétique classique des années 30, qu’il exacerbe par ses noirs et blancs cassants.

 Dans Sous son regard, Barton, un commissaire de police misogyne, sanguin et grossier, prétexte un congé pour aller, en civil, confronter Frank Foster, un braqueur de banque qu’il a mis au trou vingt ans plus tôt. L’ex-membre du gang Packard a dorénavant purgé sa peine, et semble mener une vie tranquille, voire modèle, partagée entre son bambin et sa jolie épouse, Peggy, pure et dévouée ; son simple travail, qu’il exécute avec dévouement auprès des membres de sa communauté ; et sa pieuse lecture de la Bible, son guide sur le droit chemin. Une existence trop parfaite pour ne pas dissimuler quelque chose ? C’est précisément le motif de l’obsession du chasseur, qui s’acharnera sur sa proie tant que celle-ci n’aura pas lâché le morceau : Pourquoi ? Pourquoi Frank Foster a-t-il menti au procès, pourquoi a-t-il endossé un meurtre ?

Et le coeur du récit repose sur le poignant duel entre ces deux personnalités troubles, irrésistiblement liées par la tension souterraine du secret, alors que Foster, en paix avec son passé, affirme n’avoir rien à cacher. Mais qu’en est-il vraiment ?

Fidèle à sa nouvelle marque, Malès, dans ce douloureux travail de reconstitution d’un événement, distille le récit au compte-gouttes, en déstructure l’ordre, et laisse lentement rebondir sur eux-mêmes les échos de la mémoire. Armez-vous de patience pour pénétrer Sous son regard, mais surtout, préparez-vous à un thriller psychologique à la violence contenue et sublime.

Fantasy bobettes

29 janvier 2010

 Lu : Dungeon Quest t.1, Joe Daly, L’association, 2009, 136 p.

Déjà fort remarqué l’année dernière pour sa seconde traduction en français, The red monkey dans John Wesley Harding, le Sud-africain Joe Daly récidive avec une trilogie intitulée Dungeon quest, et un humour encore plus irrévérencieux…

Millenium Boy, un petit bonhomme en bobettes à la boîte crânienne hypertrophiée, s’emmerde à mourir dans sa «banlieue du désespoir». Ses devoirs scolaires sont «à chier» et les émissions de télé sont merdiques. L’antidote : partir à l’aventure, dans le plus pur esprit de la culture des jeux de rôles ! En effet, Millenium Boy décroche de sa vie ordinaire pour entreprendre une vaste quête mystique, tel un Don Quichotte de Glendale.

Le Boy et sa petite bande de larrons dénichés en route reprennent et pervertissent les archétypes du jeu Donjons et Dragons, à travers un quotidien qui prend rapidement des allures de fiction héroïque : l’agression de deux voyous homophobes devenant prétexte à la bagarre et à l’accumulation de points d’expérience, la rencontre d’un itinérant ivrogne et exhibitionniste à l’échange de culture magique poétique, et de manière générale, toute découverte d’objets improbables étant prétexte à l’amélioration des fiches des personnages, systématiquement mises à jour.

À la fois ludique, cérébral, ordurier, cannabique, mongol de bon aloi, parodique tout en étant étrangement premier degré, Dungeon Quest est surtout… hilarant !